-"entre" dit-il , il te faudra enlever tous tes masques. Je resterai à côté de toi "
Elles sont toutes venues ici; elles y ont échoué comme on échoue sur un rivatge après un voyage fait de rencontres au hasard.
J'enlève mes vêtements; j'avance au pays des symboles .
Je vois le cône , le triangle, la demie-lune, la verticale, l'hyperbole.
J'essaie de me souvenir de mon passé, le présent, je l'embrasse.
J 'enlève mes chaussures et ouvre mes esgourdes.
Dans les sous-bois, je ne crains pas le lierre qui abrite la vie discrète à qui sait voir et entendre : la Muse-Araigne sous mes pieds, se soustrait;
"qu'entends-tu? flûte l'oiseau bleu
j'entend les plaintes d'anciens prisonniers , l'air les a gardées en suspension
"quoi d'autre"
-j'entends des femmes qui retiennent leurs chants avant que de les expirer, de jeunes filles dont le corps vibre, aphone, sous les doigts des faunes, des hommes, saxo tendu qui lancent et inondent le bois d'une mélopée épaisse.
-Viens, mes mains seront nos yeux"
J e caresse le sequoia , il a mille ans et cherche encore à atteindre le ciel.
Là-bas, le bouleau pleure mais son écorce est encore si lisse !
Le soleil rasant change le vert en jaune
J e ramasse des feuilles de marronnier, assemblées comme les doigts d'une main.
J e roule quelques cailloux sous ma langue.
J'ôte mes anciennes odeurs.
Pour toin, je vais me parer du sillage des effluves ennivrantes, dans mes cheveux, j'ai accroché des fleurs jaunes de citrouille et d'acacia, mangées en beignet, je te les offre, viens les croquer.
Sous mes paupières, des prunelles juteuses et dans ma bouche, les mûres rouges , viens les chercher et qu'elles éclatent.
Descends tes mains sur mes seins pour recueillir le premier lait de figue verte et ... ta langue plus bas, fais la entrer dans ce bouton de rose.
frotte ta joue sur mon dos et mon ventre : ils sont pêche et abricot,veloutés et moelleux.
Mes pieds sentent l'humus et mon rire, ah mon rire !!
il est pareil à la rivière, il glisse, s'accélère et roule , clair, résonne.
A moi champ aux mille verges d'or, à peine écloses qui s'enroulent.
J e descends à présent les marches qui mènent à l'eau sacrée. Je m'allonge avec toi dans le courant. Mes cheveux se mêlent à l'algue verte et tendre
Une plume d'ange nous caresse avant de continuer sa route.
Je ressors humide et vaporeuse, ton regard a la couleur de l'eau au soleil couchant.
Je me dissous et toi, au-dessus, tu t'étends immense.
J'ai perdu conscience
Je n'ai plus peur
L a grille verte est ouverte, je suis nue et prête à recevoir.
D.R "la Castafiole"


Derniers Commentaires